L'entorse du pouce

Le terme d'entorse signifie la rupture complète ou non d'un ligament.

Les ligaments sont des structures fibreuses qui maintiennent la stabilité des articulations et permettent l'utilisation de ces articulations sans déformation : en cas d'entorse du pouce dite grave (rupture complète d'un ligament) l'articulation devient instable  et la fonction du pouce est altérée définitevement.

L'articulation du pouce entre la métacarpien et la première phalange possède deux ligaments  principaux (ligament latéral interne et ligament latéral externe) qui peuvent être traumatisés voire rompus : l'atteinte du ligament latéral interne  (vers le deuxième doigt) est la plus fréquente et sera détaillée.

Lors de la rupture du ligament latéral interne (LLI) la prise pulpo-pulpaire entre la pouce et l'index devient difficile et instable par la perte de la stabilisation de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce.

Les rutpures complètes du LLI doivent être séparées chirurgicalement.

Les signes cliniques

Les entorses du LLI surviennent à la suite d'un traumatisme qui écarte violemment le pouce : la cause la plus fréquente de ces entorses est une chute de ski. Une chute sur la neige avec ou sans bâton provoque cette entorse. Le pouce est douloureux, le gonflement est minime.

L'examen par un médecin recherche une instabilité latérale de l'articulation du pouce : le médecin empoigne la première phalange du pouce et lui imprime un mouvement de valgus (écartement du deuxième doigt) : en cas d'entorse grave le pouce peut être écarté anormalement avec une certaine douleur, ce test signe la rupture du ligament et une intervention doigt être pratiquée.

Du fait de la douleur et du gonglement ce test est quelquefois difficile à exécuter, et l'habitude du médecin entre en ligne de compte pour interpréter ce test, un deuxième examen aprés quelques jours d'immobilisation peut être nécessaire pour affirmer le diagnostic.

Les examens complémentaires utiles

Une radiographie de face et de profil est faite : elle ne montre pas de fracture importante, mais quelquefois il existe un arrachement osseux minime à la base du pouce signant l'entorse. Le testing sous radioscopie confirme la laxité latérale.

Mais le diagnostic reste essentiellement clinique.

Le traitement

Le traitement non chirurgical

Toutes les entorses ne justifient pas d'un traitement chirurgical,  en effet la rupture du ligament peut être partielle ce qui ne déstabilise pas l'articulation : un traitement orthopédique  sera proposé  : immobilisation par une résine ou une orthèse amovible qui bloque l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce avec le poignet libre : elle sera conservée 3 semaines.

Aprés l'ablation de l'immobilisation, le patient récupèrera progressivement la mobilité du pouce et doit rester prudent pendant deux mois.

Si la mobilité ne revient pas spontanément, quelques séances derééducation seront nécessaires.

Le traitement chirurgical

Les entorses graves (rutpure complète du LLI) doivent être opérées. Ce n'est pas une urgence absolue : le patient peut être immobilisé temporairement pour être opéré secondairement : il faut que cette intervention soit faite dans les six jours pour avoir le maximum de chances de succès.

Le protocole opératoire :

• Anesthésie loco-régionale

• Hospitalisation de type ambulatoire

• Incision à la partie interne de l'articulation et réinsertion du ligament rompu : cette réinsertion est toujours possible quand elle est "fraîche"

• Immobilisation du pouce en post-opératoire pour une durée de trois à six semaines.

• Des séances de rééducation sont nécessaires en règle pour récupérer une mobilité complète du pouce.

• Pas de sport ou d'effort avec le pouce pendant 4 mois.

Les risques évolutifs

La méconnaissance de la lésion: Elle peut survenir pour diverses raisons que nous détaillerons pas. Le patient présente une difficulté à utiliser son pouce, à laquelle il est souvent habitué (elle existe quelquefois depuis plusieurs années). Les douleurs sont rares. Lors de la prise pouce index, le pouce "fuit" lors de la pression de l'index. Une intervention chirurgicale peut être proposée si le patient le désire pour stabiliser le pouce avec deux possibilités :

• Une reconstruction du ligament sera proposée si à la radio l'articulation n'est pas altérée : les résultats de cette intervention sont en règle général satisfaisants.

• Si l'articulation est altérée sur la radio (signes d'arthrose) : il faut alors proposer le blocage de l'articulation (arthrodèse). Ce blocage est définitif et la fonction de la main sera parfaite malgré ce blocage.

Echec du traitement initial soit :

• Mauvais choix thérapeutique initial : immobilisation d'une lésion qui justifiait d'un traitement chirurgical.

• Echec d'une réinsertion du ligament.

• Le protocole précédent sera proposé

Complications :

Elles peuvent survenir quel que soit le type de traitement, raideur du pouce, algodystrophie, etc... elles justifieront d'un traitement spécifique